
Contrairement aux idées reçues, les débats au Schauspielhaus de Zurich ne sont pas un signe d’échec, mais la preuve qu’il prend au sérieux sa mission de laboratoire sociétal.
- La mission d’un théâtre subventionné n’est pas le pur divertissement, mais la création d’une friction productive pour stimuler les discours de société.
- Le théâtre de metteur en scène moderne (Regietheater) n’apporte pas de réponses toutes faites, mais propose des interprétations qui incitent le public à une réflexion active.
Recommandation : Ne considérez pas la prochaine controverse théâtrale comme un désagrément, mais comme une invitation à participer au processus de négociation culturelle du présent.
Qui ne connaît pas cette sensation de quitter la salle du Schauspielhaus de Zurich perplexe, voire agacé, après une soirée ? La mise en scène n’avait plus grand-chose à voir avec l’œuvre attendue, les acteurs criaient plus qu’ils ne parlaient et le message principal restait caché dans le brouillard d’une esthétique scénique excentrique. Ces dernières années, ces expériences se sont multipliées, se déchargeant dans des débats publics sur le « wokisme », la baisse de fréquentation et la direction artistique de Nicolas Stemann et Benjamin von Blomberg. Le reproche est souvent le même : le théâtre aurait oublié sa mission éducative et ne servirait plus qu’à l’épanouissement personnel d’une petite élite déconnectée.
Cette critique, si compréhensible soit-elle au premier abord, est pourtant trop courte. Elle repose sur un malentendu fondamental quant à la mission d’un grand théâtre soutenu par des fonds publics au XXIe siècle. Et si les scandales récurrents et les débats enflammés n’étaient pas un accident de parcours ou un signe d’échec, mais au contraire la preuve que la maison remplit sa mission ? La véritable provocation ne réside peut-être pas sur la scène, mais dans l’exigence de concevoir le théâtre non pas comme un lieu de confirmation, mais comme un laboratoire sociétal – un espace de friction productive et de négociation des contradictions.
Cet article propose une nouvelle perspective : au lieu de déplorer les controverses, nous les analyserons comme les symptômes d’un organisme culturel vivant. Nous examinerons comment fonctionne le théâtre moderne, pourquoi il est subventionné pour déranger, et comment vous pouvez, en tant que spectateur critique, apprendre non seulement à supporter la friction, mais à l’apprécier comme une partie précieuse de l’expérience. C’est une invitation à repenser le rôle du théâtre et votre propre rôle en tant que public.
Pour démêler cette relation complexe entre la scène et la société, nous éclairons différentes facettes de la vie théâtrale zurichoise. Des bases du « Regietheater » aux codes non écrits du public, ce guide offre les outils pour non seulement comprendre les débats, mais aussi y participer activement.
Sommaire : Comprendre la controverse autour du Schauspielhaus de Zurich
- Comment apprécier le théâtre de metteur en scène, même si vous ne reconnaissez pas la pièce ?
- Où trouver les pièces les plus expérimentales de Suisse ?
- Pourquoi paie-t-on des subventions pour des pièces que presque personne ne voit ?
- À quel point le parcours à la Haute École des Arts de Zurich est-il difficile ?
- Cela vaut-il la peine de rester pour la discussion après la pièce ?
- Opéra ou Open-Air : comment s’habiller pour ne pas détonner ?
- Yodel vs Slam Poetry : comment la culture d’expression suisse s’hybride-t-elle ?
- Quels sont les 5 événements culturels à ne pas manquer pour pouvoir participer au débat social ?
Comment apprécier le théâtre de metteur en scène, même si vous ne reconnaissez pas la pièce ?
Le cœur de nombreuses controverses réside dans un concept : le Regietheater (théâtre de metteur en scène). Historiquement, il a commencé comme une tentative de libérer les œuvres classiques de leur poids idéologique, comme Wieland Wagner l’a fait avec les opéras de son grand-père. Il a réduit les mises en scène à des images minimalistes et symboliques. Aujourd’hui, le Regietheater signifie que le metteur en scène n’agit plus comme un « serviteur » du texte, mais comme un artiste à part entière qui impose sa propre lecture, souvent très personnelle, à la pièce. La pièce devient une carrière de pierre d’où l’on extrait le matériau pour un nouveau message. Le choc de ne pas reconnaître « son » Hamlet ou « sa » Médée fait partie du programme.
La clé du plaisir réside dans le changement de vos propres attentes. Ne voyez pas la mise en scène comme un récit, mais comme une offre d’interprétation. La question n’est pas : « Est-ce encore du Shakespeare ? », mais : « Que veut me dire le metteur en scène *aujourd’hui* avec les moyens de Shakespeare ? ». Il s’agit de la résonance entre le texte ancien et le monde moderne. Alors que d’autres maisons comme l’Opéra de Zurich ou les théâtres de Berne et Bâle atteignent un taux d’occupation de 91-96 % avec des approches plus classiques, la mission des scènes plus expérimentales n’est pas prioritairement de remplir les sièges, mais de susciter la réflexion. Le siège vide à côté de vous est peut-être le prix à payer pour la pensée provocante que vous emporterez chez vous.
Acceptez que vous n’avez pas besoin de tout comprendre. Le théâtre n’est pas un problème de mathématiques qui doit être résolu à la fin. C’est une expérience sensorielle et intellectuelle qui doit et peut laisser des traces. Souvent, la profondeur d’une mise en scène ne se révèle que lors de la discussion qui suit ou dans la réflexion du lendemain. Donnez à la soirée une chance de travailler en vous.
Où trouver les pièces les plus expérimentales de Suisse ?
L’expérimentation ne se limite pas aux grandes scènes établies. En réalité, les formats les plus audacieux et innovants se trouvent souvent dans ce qu’on appelle la « scène libre » (freie Szene). Ici, des collectifs et des artistes travaillent sans l’appareil d’un théâtre municipal, souvent avec des subventions par projet et beaucoup d’initiative personnelle. Cette indépendance permet une confrontation plus radicale avec de nouvelles formes, comme par exemple le théâtre documentaire ou participatif.
Un exemple marquant est le groupe de théâtre zurichois SinnSpiel. Fondé en 2014, il se consacre au théâtre documentaire, cherchant toujours des situations scéniques alternatives. Dans l’un de leurs documentaires théâtraux interactifs, basé sur des entretiens réalisés en Suisse et au Kenya, la séparation classique entre spectateurs et acteurs est dissoute. Le public devient partie intégrante du jeu et fait l’expérience directe des répartitions de rôles complexes. De tels formats exigent une participation active et transforment la visite au théâtre en une expérience immédiate qui va bien au-delà du simple regard.
Ces lieux de représentation indépendants sont souvent situés dans des halles industrielles réaffectées, des caves ou même dans l’espace public, offrant une atmosphère plus intime et directe. Des lieux comme la Gessnerallee à Zurich, le Théâtre de l’Usine à Genève ou la Kaserne à Bâle sont des points chauds pour ce type de théâtre. C’est ici que s’expérimente l’avenir des arts de la scène. Quiconque veut vraiment être à la pointe du développement théâtral doit donc détourner consciemment son regard des grandes maisons pour explorer les programmes de la scène libre.

Comme le montre cette image d’une ancienne usine transformée, l’espace expérimental se définit souvent par son ouverture. Le vide n’est pas un manque, mais une invitation à la transformation, un espace de potentiel où tout type de rencontre théâtrale devient possible. C’est la manifestation physique du désir de repousser constamment les limites du théâtre.
Pourquoi paie-t-on des subventions pour des pièces que presque personne ne voit ?
C’est la question cruciale de tout débat théâtral et le point où les émotions s’enflamment. Lorsqu’une pièce n’attire que peu de spectateurs mais est fortement subventionnée, l’argent semble gaspillé. Le Schauspielhaus de Zurich, par exemple, affichait en 2022 un taux de subvention d’environ 80 %. Cela signifie que la majeure partie du budget provient de fonds publics. Pourquoi une société s’offre-t-elle ce luxe ?
La réponse est inconfortable mais centrale : les subventions ne sont pas payées *bien que* les pièces dérangent, mais *pour qu’elles* le fassent. Un théâtre orienté uniquement vers le commerce doit plaire. Il doit viser le goût des masses pour survivre. Il ne prendrait jamais le risque de s’aliéner son public. Le résultat serait un théâtre de répétition constante, de valeur sûre, de pur divertissement. Ce serait une stagnation culturelle. Le financement public libère le théâtre de cette pression commerciale. Il lui donne la liberté d’aborder des thèmes impopulaires, ardus et dérangeants. C’est un fonds de recherche culturel qui investit dans la confrontation avec le présent.
Le théâtre devient ainsi un espace protégé où les conflits sociétaux, les positions minoritaires et les visions d’avenir peuvent être négociés sans être immédiatement testés sur leur rentabilité. C’est un lieu de « friction productive ». La maire de Zurich, Corine Mauch, a résumé cette idée en commentant les débats autour du Schauspielhaus :
On ne doit pas oublier l’objectif : une société sans discrimination, dans laquelle il n’importe plus, par exemple, de savoir quel est votre genre ou d’où vous venez. Nous n’atteindrons pas cet objectif sans friction.
– Corine Mauch, Maire de Zurich dans le Tages-Anzeiger
La subvention est donc le prix de cette friction. C’est l’investissement dans la capacité d’une société à se remettre en question. Un siège vide est alors moins un signe d’échec qu’un dommage collatéral au service d’une cause plus grande : le maintien d’un discours sociétal vivant.
À quel point le parcours à la Haute École des Arts de Zurich est-il difficile ?
Derrière chaque mise en scène provocante se cachent des artistes qui ont suivi un parcours de formation long et exigeant. La Haute École des Arts de Zurich (ZHdK) est l’une des adresses les plus renommées de l’espace germanophone, mais le chemin pour y accéder et entrer dans le milieu professionnel est semé d’embûches. Les examens d’entrée sont extrêmement sélectifs et seule une fraction des candidats obtient l’une des places d’études convoitées. Cela génère une pression énorme et exige des jeunes non seulement du talent, mais aussi une résistance psychologique extraordinaire.
Les études elles-mêmes sont marquées par un travail intense sur le corps, la voix et la capacité d’expression émotionnelle. Il ne s’agit pas seulement d’apprendre un métier, mais de développer sa propre personnalité artistique. Les étudiants sont en permanence mis au défi de dépasser leurs propres limites, de se rendre vulnérables et de travailler en collectif. Ce processus est souvent douloureux et nécessite un haut degré de réflexion sur soi et de discipline.

Cependant, le chemin ne passe pas toujours de manière rectiligne par une seule institution. De nombreux artistes trouvent leur voie par des détours et des expériences internationales. La carrière d’Eva Mann, cofondatrice du groupe SinnSpiel déjà mentionné, en est exemplaire. Après des études en sciences humaines à Bâle et Tübingen, elle a suivi sa formation de metteuse en scène à la prestigieuse East 15 Acting School de Londres et au GITIS de Moscou. C’est seulement cette perspective internationale qui lui a permis de s’implanter dans la scène libre suisse avec un profil unique. Cela montre que le développement artistique est un processus global et que la scène théâtrale suisse profite grandement de ces influences diverses.
La difficulté du parcours n’est donc pas seulement une question de réussite aux examens, mais aussi de courage pour trouver son propre chemin, souvent non conventionnel. C’est cette persévérance et ce besoin de développement constant qui se traduisent plus tard sur scène par un art puissant et stimulant.
Cela vaut-il la peine de rester pour la discussion après la pièce ?
Absolument. On pourrait même argumenter que la discussion avec le public après une représentation est le deuxième acte de la soirée, souvent le plus important. Justement lorsqu’une mise en scène soulève des questions, provoque ou déroute, l’offre de dialogue qui suit n’est pas accessoire, mais constitue un élément central du processus de négociation culturelle. Ici, le spectateur passif se transforme en participant actif. C’est l’occasion d’affiner sa propre perception, d’interroger les intentions des créateurs et d’acquérir de nouvelles perspectives en échangeant avec les autres.
Trop souvent, cependant, de telles discussions s’enlisent dans la simple question : « Qu’est-ce que tout cela voulait dire ? » ou dans un rejet global. Pour rendre ces échanges plus productifs, une attitude consciente est nécessaire. Il ne s’agit pas de trouver une « bonne » interprétation, mais d’explorer ensemble l’espace de réflexion que la pièce a ouvert. Le théâtre devient ici explicitement ce qu’il devrait être au fond : un lieu d’auto-compréhension sociétale. Le fossé entre ce que les artistes ont voulu et ce que le public a perçu est alors la zone la plus passionnante à analyser.
La participation à ces discussions demande du courage – le courage d’avouer sa propre perplexité, de formuler sa propre opinion et de s’ouvrir aux arguments des autres. Mais la récompense est grande : on quitte le théâtre non seulement avec une émotion, mais avec des pensées aiguisées et une compréhension plus profonde de la complexité du thème et de la forme artistique. La liste suivante peut aider à rendre le prochain dialogue théâtral plus constructif.
Votre plan pour un dialogue théâtral constructif : les points essentiels
- Vérifier ses attentes : Allez à la discussion pour ouvrir un espace de réflexion, pas pour obtenir des réponses toutes faites. Concevez le théâtre comme un laboratoire sociétal.
- Formuler sa propre perception : Considérez vos sentiments et vos pensées comme une partie valide de l’œuvre d’art totale. Commencez par « J’ai perçu que… » au lieu de « C’était… ».
- Aller au-delà de la question de l’interprétation : Au lieu de demander simplement « À quoi cela servait-il ? », demandez « Quel effet le moyen X a-t-il eu sur moi ? » ou « Pourquoi cette forme a-t-elle été choisie ? ».
- Thématiser le fossé : Abordez la différence entre l’intention artistique présumée et votre propre perception. C’est le cœur de l’analyse.
- Chercher la pertinence sociale : Reliez ce que vous avez vu aux questions sociétales actuelles. Prenez le théâtre au sérieux comme lieu d’auto-compréhension.
Opéra ou Open-Air : comment s’habiller pour ne pas détonner ?
La question du bon code vestimentaire au théâtre semble triviale au premier abord, mais elle touche à une profonde insécurité sociale. La peur d’être « underdressed » ou « overdressed » est la peur d’être démasqué comme n’appartenant pas au milieu. Autrefois, les règles étaient claires : on allait à l’opéra en tenue de soirée, au théâtre en tenue de ville soignée. Mais ces codes rigides se sont fortement dissous au cours des dernières décennies.
Particulièrement dans une ville comme Zurich, l’idée d’un code vestimentaire uniforme est dépassée. C’est une métropole où, selon les statistiques officielles, vivent des personnes originaires d’environ 170 nations et où une part significative utilise l’anglais comme langue principale. Cette diversité culturelle se reflète également dans le public. Le banquier en costume-cravate côtoie l’étudiante en jean et t-shirt, qui elle-même s’assoit à côté de la touriste en tenue d’extérieur pratique. Cette hétérogénéité n’est pas une faute de goût, mais la réalité sociale.
Le code vestimentaire moderne est donc : authenticité et conscience de l’occasion. Pour une première d’opéra prestigieuse, on peut tout à fait se mettre sur son trente-un et célébrer la soirée. Pour une pièce expérimentale dans un lieu alternatif, un style décontracté et confortable est plus approprié. Le principe le plus important est de se sentir bien. Vos vêtements doivent vous permettre de vous concentrer sur la pièce et ne pas devenir une source de distraction ou d’inconfort. L’époque où l’on était expulsé du théâtre pour un regard désapprobateur de sa voisine est définitivement révolue. La plus grande singularité aujourd’hui serait probablement de tenter de se conformer à une norme supposée qui n’existe plus.
Yodel vs Slam Poetry : comment la culture d’expression suisse s’hybride-t-elle ?
L’idée d’une culture suisse pure et authentique est une fiction. La culture a toujours été un processus d’échange, de mélange et de recombinaison. Dans le monde globalisé d’aujourd’hui, ce processus s’accélère cependant rapidement et donne naissance à des formes d’expression hybrides fascinantes. Sur les scènes, cela se manifeste par le mélange conscient de genres, de styles et de références culturelles qui font éclater les frontières traditionnelles.
L’artiste Wu Tsang a fourni un exemple brillant de cette hybridation pendant son séjour au Schauspielhaus de Zurich. Elle a systématiquement ignoré la séparation entre les arts. Pour sa mise en scène de « Moby Dick », elle a tourné un film muet accompagné en direct par les cordes de l’Orchestre de chambre de Zurich – une fusion entre cinéma, musique classique et théâtre. Son « Pinocchio » n’était pas un conte de Noël classique, mais une performance fluide en termes de genre et de genre sexuel, ouvrant de vieux récits à une nouvelle génération. Ces travaux ne sont pas des appropriations irrespectueuses, mais des dialogues intelligents entre tradition et modernité.

Cette fusion de l’ancien et du nouveau, du local et du global, n’est pas un phénomène exclusif de la haute culture. On la retrouve partout : dans le yodel moderne accompagné de beats électroniques, dans la slam poetry qui mélange le dialecte avec l’argot urbain, ou dans la mode qui imprime des motifs de broderie traditionnels sur des tissus futuristes. La scène agit ici comme une loupe qui rend visibles et reflète ces développements sociétaux. Elle montre que l’identité n’est plus statique aujourd’hui, mais un processus fluide de composition créative. C’est précisément à ces interfaces que naît la culture la plus passionnante.
L’essentiel en bref
- Le théâtre comme laboratoire : Les scènes subventionnées ont pour mission de lancer des débats de société, même si cela provoque. La friction n’est pas une erreur, mais un but.
- Le Regietheater comme proposition : Les mises en scène modernes ne sont pas des récits fidèles, mais des œuvres d’art indépendantes qui invitent le public à l’interprétation.
- Participation active : La valeur du théâtre se déploie souvent dans sa propre réflexion et la discussion après la pièce. Le spectateur passe de consommateur à participant.
Quels sont les 5 événements culturels à ne pas manquer pour pouvoir participer au débat social ?
Dans un paysage culturel aussi dense que celui de la Suisse, la peur de manquer quelque chose d’important est omniprésente. Les listes d’événements « incontournables » promettent de l’orientation, mais sont souvent insuffisantes. Car pour pouvoir participer au débat social, il s’agit moins de cocher une liste précise que de connaître les lieux centraux de la négociation culturelle. Et à Zurich, l’un de ces lieux est incontestablement le Schauspielhaus.
Avec environ 20 nouvelles mises en scène par saison, ce n’est pas seulement une maison de production, mais le moteur le plus important du discours théâtral dans la ville et au-delà. C’est ici que sont posés les thèmes qui seront plus tard discutés dans les pages culturelles et les cafés. L’événement « le plus important » n’est donc pas une première isolée. L’événement le plus important est le débat permanent que la maison elle-même représente. Participer au débat signifie se forger une opinion sur cet épicentre culturel – qu’elle soit approbatrice, critique ou nuancée.
Plutôt que de citer cinq événements spécifiques, la recommandation est la suivante : engagez-vous avec le programme du Schauspielhaus dans son ensemble. Choisissez une mise en scène qui vous attire ou vous rebute. Allez voir une pièce de la scène libre pour avoir un contrepoint. Assistez à une discussion avec le public. Lisez les critiques. L’objectif n’est pas de tout voir, mais de comprendre les mécanismes et les questions litigieuses qui façonnent le paysage culturel. Le désaccord informé a plus de valeur pour le discours social que l’approbation passive.
La véritable valeur du théâtre ne réside pas dans le divertissement complaisant, mais dans sa capacité à nous sortir de notre zone de confort et à nous forcer à réfléchir. En apprenant à voir la provocation comme une invitation et le conflit comme un processus productif, vous ne deviendrez pas seulement un meilleur spectateur, mais un acteur plus engagé de la vie culturelle.